Martine MATHIEU-JOB • Samedi 22 février 2020

Rencontre, le samedi 22 février 2020 à 19h30, avec Martine MATHIEU-JOB à propos de l’ouvrage « Albert CAMUS. Correspondance avec ses amis du Bénisti 1934-1958 ». Édition dirigée par Jean-Pierre BENISTI & Martine MATHIEU JOB et présentée par Virginie LUPO & Guy BASSET. Éditions Bleu Autour, octobre 2019.

Lecture par Rachel COHEN, comédienne.

Albert Camus, sa vie durant, a entretenu d’intenses correspondances.
Nombre d’entre d’elles ont été publiées et sont partie intégrante de son œuvre. Citons entre autres, celle avec son ancien professeur Jean Grenier (1932-1959), avec le journaliste Pascal Pia directeur d’Alger Républicain (1939-1947), celles avec les écrivains René Char (1946-1959), Roger Martin du Gard (1944-1958), Louis Guilloux (1945-1959), André Malraux (1941-1959), celle moins connue avec l’intellectuel antifasciste italien Nicola Chiaromonte (1945-1959), et bien sûr celle amoureuse et enflammée avec María Casares (1944-1959).

LA CORRESPONDANCE avec ses amis Bénisti, inédite, publiée par les éditions Bleu autour comprend une cinquantaine de lettres échangées entre Albert Camus et ses amis d’Alger, le peintre Louis Bénisti, son frère Lucien et les sœurs Solange et Mireille Sarfati, leurs épouses respectives.

Enrichie par l’apport d’une iconographie abondante et superbement reproduite – photographies peu connues, fac-similés de lettres et de cartes postales, peintures, dessins et sculptures de Lucien Bénesti – cette correspondance, commencée dès 1934 alors que Camus avait une vingtaine d’années se renforce au moment de l’aventure du Théâtre du Travail en 1936 et se poursuivra quasiment jusqu’au terme de la vie de Camus.

À la faveur de ce dialogue amical, intellectuel et artistique, Camus exprime son idée et sa pédagogie de la philosophie ou ses exigences et scrupules d’éditeur. Surtout, il se livre en toute confiance et simplicité.

Confronté à la maladie et aux difficultés de sa vie affective, il aborde la carrière littéraire à la fois inquiet et empli d’espoir, jusqu’à l’arrivée du tourbillon de la célébrité. Exceptionnelle par la précocité et la longévité des amitiés qui la fondent, elle affine notre vision de l’écrivain et éclaire aussi l’effervescence créatrice d’une jeune génération d’artistes et d’écrivains dans l’Algérie des années 1930.

Martine MATHIEU-JOB, professeur émérite de littératures francophones à l’université Bordeaux-Montaigne, a collaboré au Dictionnaire Camus (R. Laffont, 2009). Elle a aussi écrit une dizaine d’articles portant sur l’œuvre de Camus et plus particulièrement sur sa relation à l’Algérie. Elle est née à Blida en 1952 et a quitté l’Algérie en juillet 1962. Elle vit aujourd’hui à Paris.

Sophie PONS-IVANOFF, exposition du livre peint Mon « Étranger »

Sophie PONS- IVANOFF, artiste complète, peintre, sculpteur, dessinatrice, lithographe, s’est toujours intéressée à la littérature et sa relation avec les arts graphiques.

Atteinte par la maladie de Charcot, handicapée par elle, elle abandonne les grands formats. A la recherche d’un mode d’expression qui lui est accessible, elle conçoit le projet d’illustration d’une œuvre littéraire. A cette époque, elle relit l’Etranger de Camus qui devient, dès la première ligne, une source d’inspiration et c’est sur un exemplaire des éditions Folio d’avant 1974 (le papier supporte d’être mouillé et peint) qu’elle va s’exprimer. Toutes les pages du roman seront ainsi illustrées à la gouache, l’aquarelle et l’encre. Le résultat est puissant et personnel. De Mon  « Etranger » réalisé en quelques mois, tant que la maladie lui permet de travailler avec ses mains, elle disait :
«  L’envie de peindre sur le papier m’est venue après avoir participé à l’exposition « Brande et Serpolet » avec Claudine et Roland Sabatier. Les poèmes de Miallaret, imprimés sur papier japon très fragile étaient recouverts par le dessin, par l’encre lithographique. Celle-ci est intrinsèquement transparente et permet de penser l’image en glacis superposés comme dans la peinture à l’huile ou l’aquarelle. Ainsi, peu à peu mon œil s’est fait à l’idée que cacher une partie du texte n’avait pas d’importance contrairement à un travail d’illustration. Car c’est bien de peinture dont il s’agit. En effet je n’ai pas fait de recherches préalables, pas prétendu être fidèle à l’univers de l’auteur. »

Exposé pour la première fois en mars 2017 à l’Atelier des 4 jeudis, peu de temps avant sa disparition, nous vous invitons aujourd’hui à re/découvrir à la librairie les Oiseaux rares le travail de Sophie PONS- IVANOFF.