Carte blanche à Michel Crépu – Samedi 30 juin 2018

juin 2018

Capture d’écran 2018-06-30 à 13.38.47Carte blanche, le samedi 30 juin 2018 à partir de 19h30 avec Michel Crépu écrivain, critique littéraire au Masque & la Plume et rédacteur en chef de La Nouvelle Revue Française à propos de sa passion du livre et son travail d’écrivain, à propos de l’admirable édition des Œuvres complètes de Ossip Mandelstam parues aux Éditions Le Bruit du Temps / La Dogana, février 2018

Rencontre animée par Marion Richez

Écrivain, essayiste et romancier, Michel Crépu a publié ces dernières années plusieurs livres aux éditions Gallimard. Un jour paru en 2015 est le récit d’un deuil. En une centaine de pages fortes  et sobres, il évoque avec pudeur et tendresse son père disparu et à travers lui, toute une manière de vivre, de penser dans la France provinciale et catholique d’après guerre. Avec Vision de Jackie Kennedy au jardin Galliera (roman), 2017, on suit le cheminement intellectuel, politique et affectif d’un tout jeune homme et ce faisant, celui de la génération des années 1960. Un roman d’apprentissage « délicieusement et cruellement proustien… »
Dans Un empêchement, essai paru en avril 2018, Michel Crépu revient sur « l’affaire Fillion »  dans laquelle il a été impliqué malgré lui. Elle lui sert de prétexte pour ausculter  la vie politique française des dernières décennies.

Aux éditions numériques de la Bibliothèque publique d’information, il a conduit deux passionnants entretiens avec Linda Lê : Entretien avec Michel Crépu, 2010, et Yannick Haenel : Entretien avec Michel Crépu, 2010.

Et si la curiosité vous s’empare de vous plus avant, consultez son blog d’humeur littéraire hebdomadaire à l’adresse suivante : www.lanrf.fr/blog/michel-crepu-c1

Pour en savoir plus

Ossip Mandelstam
Œuvres complètes
Editions Le Bruit du Temps / La Dogana, février 2018
Capture d’écran 2018-06-30 à 13.40.58« Disparu en 1938, à 47 ans, du côté de Vladivostok, dans un camp de travaux forcés soviétique, Ossip Mandelstam avait suivi un « chemin de souffrance » dessinant une légende de poète maudit. Alimentée encore lorsque ses archives et ses poèmes — que son épouse, l’admirable Nadejda, avait appris par cœur — passèrent en 1970 clandestinement aux États-Unis, soit vingt ans avant d’être accessibles en URSS.

La publication exceptionnelle de ses Œuvres complètes, remarquablement présentées par le traducteur Jean-Claude Schneider & Anastassia de La Fortelle, permet d’embrasser la totalité de l’œuvre de celui qui fut à la fois poète, prosateur, polémiste et essayiste. Un écrivain constamment exigeant envers lui-même et les autres pour tout ce qui touchait au bruissement de la langue et à ses mystérieuses résonances. « Ce qui distingue la poésie de la parole machinale, c’est que la poésie justement nous réveille, nous secoue en plein milieu du mot », écrivait Mandelstam (1891-1938).

Rétif à tout dogme et à l’idéologie du réalisme socialiste qui verrouilla peu à peu la littérature et l’art, il semblait cheminer hors de « la houle du siècle » et se contenter de « tendre l’oreille pour écouter la germination et le bruit du temps ». (…)
Même s’il salua Lénine à sa mort (Afflux au tombeau) en 1924, il écrivit neuf ans plus tard un impitoyable poème sur Staline, « Le montagnard du Kremlin » entouré « d’une racaille de chefs au cou frêle, sous-hommes dont il use comme de jouets » et pour lequel « toute mise à mort est délectation ». Par ce texte, Mandelstam venait définitivement de brûler sa pelisse… Arrêté en 1934, il meurt quatre ans plus tard. Mais, à ses geôliers, il prédisait : « Vous n’avez pas mis fin au remuement des lèvres. » Gilles Heuré

Avec ces deux volumes, le lecteur français pourra enfin circuler aisément des recueils de poèmes aux récits en prose et aux essais, notamment à ses grands textes sur la poésie dont le plus célèbre est le magistral Entretien sur Dante.