Lecture de Julie Otsuka – Samedi 10 mars 2018

mars 2018

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Lecture à 5 voix de femmes, le samedi 10 mars 2018 à partir de 19h30 du roman de Julie Otsuka Certaines n’avaient jamais vu la mer.

Traduction de Carine Chichereau, éditions Phébus en 2012 & 10/18 en 2013.
Montage de  Céline Fouis & Geneviève Motard.
Lu par Martine BosshardtAurélie CollignonCéline FouisGeneviève Motard & Sophie de Ratuld

L’écriture de Julie Otsuka est puissante, poétique, incantatoire. Les voix sont nombreuses et passionnées. La musique sublime, entêtante et douloureuse. Les visages, les voix, les images, les vies que l’auteur décrit sont ceux de ces Japonaises qui ont quitté leur pays au début du XXe siècle pour épouser aux Etats-Unis un homme qu’elles n’ont pas choisi. C’est après une éprouvante traversée de l’océan Pacifique qu’elles rencontrent pour la première fois à San Francisco leur futur mari. Celui pour lequel elles ont tout abandonné. Celui dont elles ont tant rêvé. Celui qui va tant les décevoir.
A la façon d’un choeur antique, leurs voix s’élèvent et racontent leurs misérables vies d’exilées… leur nuit de noces, souvent brutale, leurs rudes journées de travail dans les champs, leurs combats pour apprivoiser une langue inconnue, la naissance de leurs enfants, l’humiliation des Blancs, le rejet par leur progéniture de leur patrimoine et de leur histoire… Une véritable clameur jusqu’au silence de la guerre. Et l’oubli…

Julie Otsuka, Américano-Japonaise, est née en 1962, sur la Côte ouest, où vivait une importante communauté japonaise. Remarquée dès son premier roman Quand l’empereur était un dieu, Phébus, 2004, elle reçoit en 2012 aux États Unis pour Certaines n’avaient jamais vu la mer, le PEN/Faulkner Award for Fiction et en France le prix Femina étranger .

Extrait « Nous avons accouché sous un chêne, l’été, par quarante-cinq degrés. Nous avons accouché près d’un poêle à bois dans la pièce unique de notre cabane par la plus froide nuit de l’année. Nous avons accouché sur des îles venteuses du Delta, six mois après notre arrivée, nos bébés étaient minuscules, translucides, et ils sont morts au bout de trois jours. Nous avons accouché neuf mois après avoir débarqué, de bébés parfaits, à la tête couverte de cheveux noirs. (…). Nous avons accouché dans des fermes reculées d’Imperial Valley, avec la seule aide de nos maris, qui avaient tout appris dans Le Compagnon de la ménagère. »

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