Rencontre avec Christophe Pradeau – Samedi 14 octobre 2017

octobre 2017

pradeauchrisRencontre le samedi 14 octobre 2017 à partir de 19h30 avec Christophe Pradeau pour son roman à l’écriture virtuose Les Vingt-quatre porte du jour et de la nuit qui se déroule dans le 13° arrondissement, sur un banc du square Le Gall, quartier Croulebarbe !

Rencontre animée par Marion Richez.

Extrait :
« et pourtant, bien sûr, j’avais fini par déposer les armes, vaincu par le jet-lag, pour avoir eu la faiblesse ou l’imprudence de me laisser tomber, aux alentours de 15h, sur un banc emmiellé de soleil au lieu d’arpenter, comme j’aurais du le faire, les allées du square Le Gall, (…) des allées aussi strictement rectilignes dans la partie basse qu’elles savent se faire serpentines, presque des sentiers dans les escarpements des marges , contraste qui fait tout le charme d’un jardin dessiné dans le lit d’une rivière, la Bièvre (…). J’aime tout particulièrement ce jardin, ses contours indolents, la façon dont il fait figure de clairière dans la presse des immeubles (…). On dirait une cachette, un lieu scret aménagé par le hasard, glissé en fraude dans un interstice de la ville ; peu importe son étendue réelle, qui défie l’évaluation, du moment que l’on s’y sent en liberté du simple fait d’être ailleurs. »

Les habitants de Constantinople l’appelaient les Vingt-quatre Portes du jour et de la nuit. Ils aimaient le spectacle des automates qui franchissaient là-haut, à l’heure dite, le seuil des niches ouvertes dans le clocher des Saints-Apôtres.
Dans la touffeur de l’été 2016, un homme revenu d’un long voyage, laisse divaguer ses pensées sur un banc du square Le Gall à Paris. Il est l’une des très rares personnes qui se souviennent encore aujourd’hui de cette horloge qui fut l’une des merveilles du monde. Elle est mêlée à son existence plus encore qu’il ne le pense. Il nous invite ici à partager l’aventure de cette journée qui changea le cours de sa vie et qui transforma un banc de square parisien en théâtre du monde.
Roman à l’écriture virtuose, placé sous l’égide de Thomas Hardy, les Vingt-quatre Portes du jour et de la nuit est un récit sur le temps qui nous traverse et les ruses que l’on invente pour domestiquer cette morsure intime. C’est aussi une histoire d’amour, la plus naïve et la plus subtile des ruses que l’homme a inventées pour s’opposer au temps qui passe.

Il n’est pas sans lien non plus avec les recherches qui font de Christophe Pradeau un éminent spécialiste de Proust. Sa Madeleine personnelle dans le roman est un petit gâteau que lui confectionnait sa grand-mère en Corrèze, le Quart d’écu dont l’évocation au fil des pages convoque la mémoire de l’enfance et nous enchante !

● Né en 1971 à Saint-Yrieix-la-Perche dans ce Limousin qui est au cœur de ses romans et de son inspiration, Christophe Pradeau enseigne la littérature à l’université Paris-IV. Il a publié deux romans très remarqués aux éditions Verdier, La Souterraine en 2005 et la Grande sauvagerie en 2010 ainsi que Proust à Illiers-Combray. L’Éclosion du monde, avec des photographies de Frédéric Leguetteur, chez Belin en 2013.