Rencontre avec Kenza Sefrioui et Bichr Bennani – Vendredi 7 février 2014

février 2014

soufflesRencontre, le vendredi 7 février 2014 à partir de 19h30 avec Kenza Sefrioui et Bichr Bennani  sur le thème : « Le Maroc des aventures intellectuelles : de la revue Souffles à la maison d’édition Tarik ».

La librairie les Oiseaux rares est particulièrement heureuse d’accueillir Kenza Sefrioui, journaliste et critique littéraire marocaine pour son livre : La revue Souffles  (1966-1973) Espoirs de révolution culturelle au Maroc paru aux éditions du Sirocco à Casablanca en 2013 et Bichr Bennani co-fondateur des éditions Tarik.

Tous deux vivent et travaillent au Maroc. Ils évoqueront – l’une à travers son dernier livre et l’autre à travers le catalogue de sa maison d’édition – le Maroc des oppressantes années du règne d’Hassan II mais aussi le Maroc d’aujourd’hui et sa place dans ces mouvements de transformation culturelle, sociale et politique que l’on nomme les Printemps arabes.

Bichr Bennani qui nous présentera le catalogue de sa maison d’édition, les éditions Tarik et nous parlera de son métier d’éditeur dans le paysage culturel marocain d’aujourd’hui.
tzmamart

Bichr Bennani fait partie de ces nécessaires éditeurs, courageux et engagés, qui prennent le risque – chacun dans son temps et dans son lieu – de dévoiler la part d’ombre, la face cachée des sociétés oppressives dans lesquelles ils vivent. Il a publié, livre après livre, les terribles témoignages des prisonniers politiques marocains des années Hassan II « les années de plomb» et particulièrement celui d’Ahmed Marzouki,, Tazmamart, cellule 10 (2001, réédition en 2013). En 1972, a eu lieu une tentative de coup d’Etat pour renverser le roi Hassan II dans laquelle est impliqué Ahmed Marzouki, alors jeune officier. Arrêté, torturé, il est transféré dans une prison secrète dans le sud-est du Maroc où les conditions de vie sont effroyables : le bagne-mouroir de Tazmamart. Il y occupe de 1973 à 1991, la cellule 10. Libéré à la suite de pressions internationales, il fait partie des 28 survivants qui ont miraculeusement résisté à 18 années d’enfer et il témoigne au nom de tous, disparus et survivants.
Les Marocains ne s’y sont pas trompés qui ont fait de ce livre un des plus gros succès d’édition que le Maroc ait jamais connu…
Depuis sa création, fin 1999, cette maison d’édition indépendante est engagée dans les débats qui animent le monde contemporain. Elle s’est donnée comme objectif d’explorer les thèmes de l’histoire et de l’actualité, de la société et de la mémoire, Dans le catalogue des éditions Tarik, ces livres côtoient ceux, tout aussi nécessaires, des poètes et des écrivains Mohammed Khaïr-Eddine, Mohamed Leftah, Driss Chraïbi, Jean Genet ou encore Abdellah Taïa.

Kenza Sefrioui pour son livre Souffles (1966-1973), Espoirs de révolution culturelle au Maroc, publié aux éditions Sirocco, 2013

soufflesRevue mythique au Maroc Souffles a été créée à Rabat en mars 1966 par un petit groupe de jeunes poètes d’expression française. Tout au long de ses sept années d’existence, elle a été une « extraordinaire aventure intellectuelle et d’engagement politique d’écrivains et artistes regroupés autour d’Abdellatif Laâbi et Mostafa Nissabouri. (…) Ecrivains, poètes, essayistes, cinéastes, plasticiens s’y croisent et s’y côtoient dans un partage fécond des idées. Celles-ci circulent, le projet culturel de la revue mûrit dans son entreprise de décolonisation des esprits et de reconstruction de l’identité nationale. Après la sombre page du colonialisme et l’archaïsme despotique du régime marocain d’alors, l’enjeu est de taille. »
Relire Souffles aujourd’hui, écrit Kenza Sefrioui, c’est découvrir ou redécouvrir le fabuleux vivier d’écrivains marocains de langue française, de Mohammed Khaïr EddineAbdelkkebir Khatibi, qui surent impulser une nouvelle esthétique, et par ce biais une nouvelle manière de voir le monde et de vouloir le changer. La revue s’est arrêtée en 1972, après l’arrestation et l’emprisonnement pour de longues années de deux de ses fondateurs, Abdellatif Laâbi et Abraham Serfaty.
Kenza Sefrioui est journaliste indépendante. Née à Paris en 1979, elle s’est efforcée tout au long de ses études d’approfondir ses deux cultures, française et marocaine. Après avoir tenu pendant cinq ans la rubrique littéraire du magazine marocain Le Journal hebdomadaire, elle collabore aujourd’hui au site des cultures méditerranéennes Babelmed, milite pour le développement culturel au sein de l’association Racines et anime des cafés littéraires à Rabat et Casablanca.

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